Maintenant, abordons la question centrale : l’inspection du travail croise-t-elle les SIREN ? La réponse n’est pas binaire. D’une part, l’inspection du travail s’appuie sur des bases de données et des partenaires institutionnels (URSSAF, DREETS, services fiscaux) pour vérifier la régularité d’une entreprise. Le SIREN constitue une clé d’accès puissante pour mener ces vérifications lorsque l’entreprise est immatriculée en France. D’autre part, si l’entreprise n’a pas de numéro SIREN, les inspecteurs peuvent alors se tourner vers :
- Les déclarations effectuées via SIPSI (qui requièrent des informations détaillées sur l’employeur).
- Les échanges avec les institutions du pays d’origine, afin de confirmer l’existence légale de la structure et son inscription au registre local.
On observe alors un contrôle multi-canaux. Les agents de l’inspection du travail n’ont pas pour seule ressource le SIREN, mais ils ne manqueront pas de l’utiliser dès lors qu’il est disponible. J’ai pu constater qu’en cas de suspicion de fraude, les agents n’hésitent pas à solliciter d’autres organismes (comme la caisse de retraite ou les services fiscaux) pour confronter les déclarations. Ainsi, le recoupement avec le SIREN, lorsqu’il existe, est assez fréquent. En revanche, on ne peut pas dire qu’ils s’y limitent : le contrôle va beaucoup plus loin, notamment pour vérifier les aspects relatifs à la rémunération, le temps de travail, la sécurité des salariés, ou encore la durée du détachement.
Quelques exemples concrets de contrôle
Dans un chantier du BTP, par exemple, si des ouvriers détachés sont découverts par l’inspection du travail, l’agent peut demander immédiatement à l’employeur de prouver qu’il a effectué la déclaration préalable de détachement. Si l’employeur détient un SIREN pour sa filiale française, les contrôleurs consulteront probablement le relevé SIREN, s’assureront que l’activité déclarée correspond bien à la réalité du terrain et examineront si les bulletins de salaire respectent le salaire minimum local. Parfois, ils vérifieront même la concordance entre les horaires officiels des salariés et l’activité déclarée pour éviter le travail dissimulé.
Autre cas : dans le secteur de la restauration, lorsque des salariés détachés arrivent pour un événement ponctuel (comme un festival gastronomique), le même raisonnement s’applique. Les inspecteurs vérifient la déclaration en ligne, contrôlent la durée prévue du détachement et peuvent comparer ces informations aux coordonnées enregistrées dans la base SIREN, si l’entreprise détentrice est déjà immatriculée en France. Notons qu’en l’absence de SIREN, une analyse est réalisée sur la base des documents fournis, comme les contrats internationaux, la preuve d’existence légale à l’étranger, etc.